Parole de Carolo : Marie Dorjoux, Fière Damrémoise
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Le comité qu’elle préside s’appelle « Les Fiers Damrémois ». Et la fierté, pour Marie Dorjoux, ça passe par un cadre vie agréable, bien entretenu.

Tant pis si cela fait mal de le signaler, elle peste contre la malpropreté, « un fléau », dit-elle. Ces papiers qui trainent, ces sacs-poubelles placés trois jours avant le passage de Tibi, ces vestiges d’un déménagement laissés sur un trottoir…

Pas qu’à Dampremy ? « D’accord. Mais c’est à Dampremy que je vis ! »

Ambassadeurs de la propreté

Gémir et déplorer, ce n’est pas son genre. Son tempérament la pousse à agir plutôt que de se plaindre. Les Fiers Damrémois lui en ont donné l’occasion.

Le comité est jeune. Il a été reconnu par la Ville en octobre 2018. Marie Dorjoux y a d’abord exercé les fonctions de secrétaire et de trésorière avant de reprendre le flambeau de la présidence.

Les Fiers Damrémois sont devenus ambassadeurs de l’association Be Wapp, une asbl créé par Fost Plus, Fevia Wallonie et Comeos. Elle vise à prévenir et à réduire les incivilités qui ont un impact négatif sur la propreté publique et le cadre de vie en Wallonie, notamment les abandons de déchets. Elle est connue pour ses opérations citoyennes de ramassages de déchets.

La première fut un flop. Quasi aucun volontaire. Il en fallait davantage pour décourager Marie. Puisque l’objectif est de favoriser une prise de conscience, elle se tourna vers les enfants des écoles. Qu’elle a trouvés d’emblée très intéressés, enthousiastes et… critiques.

Ils ne mâchent pas leurs mots, trouvant, face à des découvertes nauséanbondes que certains adultes sont vraiment dégueulasses. J’ai l’espoir qu’ils garderont quelque chose de positif de ces expériences.

Les Fiers Damrémois ont reçu le prix Propreté en janvier 2023, pour l’ensemble de leur action.

Madame Marie

Elle y voit un encouragement, comme la reconnaissance expressive des enfants qu’elle a côtoyés, qui lui donnent encore du « Madame Marie », quand elle les rencontre.

Car le cheminement reste malaisé. Lutter contre le laisser aller, la négligence, le « je m’en foutisme » exige de la ténacité. Les résistances sont culturelles. Que répondre aux personnes qui estiment « payer assez de taxes pour ne pas devoir faire le boulot eux-mêmes » ?

Et que dire lorsque l’ambassadrice de la propreté surprend, en flagrant délit, quelqu’un dont elle connaît le nom et l’adresse?

Je peux lui parler, mais ça s’arrête là. Je ne veux pas entrer dans la délation. Mon job c’est la persuasion, par le contact, l’explication.

Et sur ces points, elle excelle.

Bienveillance et détermination

Il est temps de vous décrire Marie Dorjoux, à supposer bien sûr que vous n’habitiez pas Dampremy. Car dans sa commune, tout le monde la connaît.

Marie Dorjoux, c’est une jovialité naturelle qui met l’interlocuteur à l’aise à la première phrase d’un premier contact. Elle inspire une confiance familière. Ferme et déterminée dans sa mission, bienveillante avec les gens, la générosité à fleur de peau.

Sa rue (Joseph Wauters) comme d’autres voiries de Dampremy est en travaux. Elle fait contre embarras bon coeur. L’enjeu est plus important que les ennuis. « On ne dira pas que notre commune est délaissée ». Elle sympathise avec les gars du chantier. Respect. « Ils viennent prendre un café pendant leur pause. Ils m’appellent mamy », rigole-t-elle.

Interpellée tous les dix mètres

Tous les riverains contraints de composer avec une situation qui bouleverse les habitudes n’ont pas sa patience. Chaque réfection entraine des questions qui méritent réponse, des réflexions parfois grinçantes qu’il faut entendre.

Et s’il n’y avait que les travaux ! Grande marcheuse – elle ne conduit pas – elle ne fait pas dix mètres sans être interpellée.

Je fais partie du Comité de participation. Les gens le savent. Ils m’arrêtent parfois pour demander que je leur explique un texte, que je les aide à rédiger une réponse. J’ai accès aux informations utiles et je n’hésite pas non plus à solliciter les échevins ou l’administration. C’est essentiel pour atténuer les énervements, souvent dus à la méconnaissance.

Informer par le contact direct

Ce qui la frappe le plus, c’est la difficulté de communiquer. « Nous devons tenir compte des gens qui ne lisent pas, parce qu’ils ne savent pas, parce qu’ils ne maitrisent pas le français, parce qu’ils ne sont pas connectés.

Le plus efficace, pour les informer, c’est le contact humain, personnel. Cela vaut aussi bien pour les informations pratiques que pour annoncer une fête.« 

Les Fiers Damrémois ont leurs propres organisations festives. Elles sont plutôt familiales (le 21 juillet, la parade de Noël, le 16 décembre, l’activité de Pâques).

Les Fiers Damrémois participent aussi aux activités des autres associations

« J’aime que les habitants se réemparent de leur village »

Marie Dorjoux se félicite de la bonne entente entre les différents organisateurs.

Nous partageons la même envie de renforcer les liens entre les habitants. Cela crée de la complicité. Notre comité est petit : 12 membres, tous bénévoles.

Sans le soutien de l’Espace citoyen de Charleroi, nous ne pourrions pas proposer nos activités.

Nous participons à celles des autres organisations.

J’aime que les habitants se réemparent (sic) de leur village. Et c’est une « pièce rapportée » qui vous le dit !

Aide soignante

Je ne suis pas d’ici. Je m’y suis installée, il y a 20 ans, par amour pour mon mari qui, habite Dampremy depuis qu’il est tout gamin. Je viens d’Arsimont, un village de l’entité de Sambreville.

Antonio Fabrizio est Napolitain. Le couple revenait de Naples quand nous l’avons rencontrée. Elle adore y aller. Sûr qu’elle s’y adapterait comme elle s’est adaptée à Dampremy… Où elle a sa maison, ses amis, ses engagements. C’est sa vie. Sa raison d’être. Ce qui la motive ? Elle hésite, comme ces personnes qui affichent ne rien attendre de leur action.

Sa réponse vient d’une question sur sa vie professionnelle.

J’étais aide-soignante. J’ai dû arrêter à cause de soucis de dos. J’aimais mon métier, croyez-moi. Côtoyer des patients, les soutenir, au sens propre comme au sens figuré, c’est aussi les écouter, les accompagner.

Elle n’a donc pas changé de métier.

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