Un nouveau Projet de Ville pour imaginer Charleroi à l’horizon 2030
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Eric Goffart, en décembre dernier, vous annonciez que vous conduiriez une liste adossée aux Engagés à l’occasion du scrutin communal d’octobre 2024.

C’est exact. Depuis six mois, je travaille intensément à la préparation d’un Projet de Ville ambitieux pour la mandature 2024-2030. Je présenterai ce projet sous la bannière “Les Engagés – C+”. Il est important dans une grande ville comme Charleroi de disposer de relais à d’autres niveaux de pouvoirs, et j’ai toute confiance en la manière dont Maxime Prévot dirige notre mouvement centriste et progressiste. Nous voulons incarner une force politique crédible et responsable à l’échelle de la Wallonie et de ses municipalités. Et j’entends jouer un rôle en vue dans ce cadre.

Comment cette décision de vous adosser à un mouvement politique plus large a-t-elle été acceptée par les membres du mouvement C+ ?

Au cours des derniers mois, j’ai rencontré individuellement un grand nombre d’adhérents au mouvement C+ pour leur expliquer de manière détaillée les raisons pour lesquelles je proposais cette évolution. L’approche participative voulue par Les Engagés s’inscrit dans la droite ligne de notre expérience avec le mouvement C+ à Charleroi. À quelques rares exceptions, cette proposition a été comprise et soutenue. Je m’en réjouis vivement. J’ai aussi été très agréablement surpris par l’émergence spontanée de nouvelles candidatures. C’est toujours très gratifiant de pouvoir compter sur la confiance de nouvelles personnes qui croient en notre manière de faire de la politique.

Au rang des personnes qui n’ont plus souhaité vous suivre, on peut compter Anne-Sophie Deffense…

Oui, Anne-Sophie a choisi de suivre sa propre voie. J’ai lu dans les médias qu’elle souhaitait fonder son propre mouvement politique. Je lui souhaite bonne chance.

Comment envisagez-vous la préparation de la campagne ?

Mon unique préoccupation à ce stade, c’est Charleroi et le Projet de Ville qu’on va pouvoir construire pour Charleroi à l’horizon 2030. On travaille sur le fond. Nous entendons présenter, au printemps 2024, un Projet de Ville exhaustif et très construit pour la prochaine mandature.

Comment comptez-vous vous y prendre pour rédiger ce Projet de Ville ?

Je rencontre chaque semaine de nombreuses personnes qui vivent à Charleroi ou qui y travaillent et qui veulent contribuer à la rédaction d’un projet collectif. J’ai toujours travaillé de manière très participative. J’y crois beaucoup. Le niveau de pouvoir communal est particulièrement indiqué pour permettre aux citoyens de s’engager concrètement autour d’un projet collectif qu’ils auront contribué à nourrir.

Par ailleurs, je soumets tous les mois à nos adhérents des éléments de programme pour discussions, amendements et validation. La dernière session portait sur le logement et nous avons eu un débat particulièrement riche, avec la confrontation de points de vue très divers, mais finalement assez complémentaires. La prochaine session portera sur l’action sociale.

Au sujet du logement précisément, qu’est-ce qui peut distinguer votre approche de celle des autres formations politiques ?

Nous pensons que le logement est un élément structurant de notre projet de développement territorial. Il est indispensable d’aborder la matière du logement sous plusieurs angles. D’une part, il est évident que nous devons poursuivre une politique visant à garantir l’accès à un logement de qualité au plus grand nombre. La solidarité, c’est une valeur forte à Charleroi. Mais il est tout aussi indispensable de considérer le logement comme un facteur d’attractivité économique de notre territoire. Nous devons développer des politiques spécifiques pour permettre d’accueillir sur notre territoire des ménages qui disposent de revenus supérieurs et qui ne trouvent aujourd’hui aucune offre de logement qui leur sied.

La liste C+ avait obtenu quatre sièges au Conseil communal en 2018. Quels sont vos objectifs pour le scrutin de 2024 ?

Je n’ai pas d’objectifs précis en termes de voix ou de sièges. Je pense que notre offre politique sera susceptible de convaincre un grand nombre de Carolos et que nous pourrons espérer représenter une frange plus large de la population à partir de 2024.

Avec une présence de douze ans au Collège communal et un bilan sérieux au niveau des travaux publics (plus de 550 rues rénovées à ce jour, NDLR), nous pouvons convaincre de nouveaux électeurs qui aspirent à une gestion efficace des pouvoirs publics.

Catherine Fonck déclarait il y a quelques jours dans La Libre Belgique qu’elle arrêterait la politique en juin 2024. Elle précisait notamment : « J’ai besoin de retrouver du sens dans ce que je fais. Je m’investis à 150 % dans mon rôle de parlementaire. Mais en fin de semaine, je me demande parfois si j’ai été utile. Je me sens de plus en plus en décalage avec la politique, avec la particratie, avec le court-termisme, avec le ‘faire semblant’ plutôt que le ‘faire’, avec cette paralysie qui ne fait que s’aggraver. La politique souffre d’un manque de résultats et d’efficacité. » Est-ce également votre sentiment ?

D’abord, je salue le travail réalisé par Catherine Fonck pendant toutes ces années. Elle a été une ministre et une parlementaire exemplaire dont l’avis est très écouté au sein de la classe politique, singulièrement dans le domaine de la santé.

Je peux comprendre son sentiment vu son implication totale au niveau fédéral. Le climat qui règne à ce niveau de pouvoir peut contribuer à décourager même les plus motivés des acteurs politiques. Par contraste, cette perception ne fait que renforcer ma volonté de continuer à agir au niveau communal. 

Depuis plus de dix ans, il n’y a pas une semaine où je me suis posé la question de savoir si j’avais été utile. La politique communale permet de se sentir particulièrement utile à la collectivité au quotidien. C’est une véritable chance que d’exercer des responsabilités à ce niveau de pouvoir. Et concernant Charleroi, il y a encore tellement à faire…

Dans quel domaine en particulier ?

Nous pouvons encore progresser dans la gestion du cadre de vie. Nous devons mieux gérer nos espaces publics pour garantir à nos concitoyens un cadre de vie de qualité.

Les 8 et 9 septembre prochain, nous allons inaugurer l’ensemble des nouvelles infrastructures de la ville haute. Ce sera un moment particulièrement marquant, dans la mesure où l’on achève une séquence d’une quinzaine d’années qui a conduit, avec trois Collèges successifs, à mener à bien : Phénix, Rive Gauche, la Tour de Police, Charleroi DC, etc. On assiste à un tournant et le bilan est, objectivement, très impressionnant.

Mais si l’on veut garantir la pérennité du Charleroi des grands projets, il est indispensable d’améliorer l’efficacité de nos services au niveau de la gestion durable du cadre de vie.

Comment y parvenir ?

Je plaide pour la création d’une sorte de super-échevinat du cadre de vie. Il regrouperait le service des travaux, la propreté publique, nature en ville, en lien étroit avec le département de la police administrative.

Cela permettrait de parvenir à une gestion plus intégrée des services concernés et à rendre l’action publique plus efficace dans ce domaine. À défaut, je crains que l’on ne perde le bénéfice des travaux réalisés à cause d’un manque d’entretien durable des infrastructures concernées. Avouez que ce serait dommage… 

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